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Compte Rendu de Congrès  
 


PREMIERE JOURNEE BELGE D'ISOCINETISME
(8 février 1997 Bruxelles)

Le 8 février 1997 s'est déroulé à l'Hôpita1 Universitaire Erasme (Bruxelles - Belgique) la première journée belge d'isocinétisme.

Cette manifestation a été organisée par le "GIBL" (Groupe d'Isocinétisme Belge et Luxembourgeois), créé en 1993 afin de favoriser la rencontre et les échanges entre utilisateurs de matériel isocinétique. Le souhait d'élargir le champ de connaissances et d'applications de la méthode et de valider les protocoles, motive le fonctionnement du groupe et l'organisation de ce premier congrès .

L'objectif du comité organisateur était double: familiariser les participants non initiés à ce concept d'évaluation et de rééducation et permettre aux utilisateurs plus chevronnés de bénéficier de données expérimentales et pratiques dans des domaines cliniques variés.

Les communications émanant de plusieurs équipes belges francophones ont été utilement complétées par la participation de deux centres lillois expérimentés (C. H. U. Lille et Centre l'Espoir Lille Hellemmes). L'assistance -près de 200 inscrits - a répondu à l'attente des organisateurs, également encouragés par la présence d'amis français membres du GENI (Groupe d'Etude Normand d'Isocinétisme) et du GEDRI (Groupe Européen De Recherche en Isocinétisme).

E. BRASSINE (Bruxelles), premier orateur de la matinée, s'est attaché à définir le concept isocinétique. Il a passé en revue les avantages et inconvénients de la méthode, comparativement aux techniques classiques d'évaluation de la fonction musculaire. L'analyse des paramètres et de leur signification ainsi que le rappel des principales caractéristiques des courbes a permis à chacun de se familiariser avec l'information isocinétique.

L'interprétation des bilans se fonde sur la comparaison bilatérale des performances de force ou de résistance à la fatigue, l'équilibre agonistes/antagonistes, les références d'une population normale. E. BRASSINE insiste également sur la rééducation isocinétique, optimalisée par l'adaptation instantanée de la résistance aux capacités d'effort individuelles.

J.L. CROISIER (Liège) se livre ensuite à une approche critique de l'isocinétisme, motivée par le souhait d'une utilisation fondée et raisonnée sur base d'études personnelles, l'orateur aborde plusieurs thèmes:

  • reproductibilité et validité des paramètres;
  • compatibilité entre dynamomètres isocinétiques de marque différente;
  • analyse et signification des anomalies de courbes.

F. GOUGEON (Lille) précise la place de l ' isocinétisme dans le traitement des syndromes douloureux antérieurs du genou. Il analyse les facteurs déterminants dans la genèse des syndromes rotuliens et confirme l'importance de cette classification pour l'orientation du traitement. F. GOUGEON rappel le l ' intérêt des paramètres chiffrés lors des tests et insiste sur l ' analyse des courbes qui permet de déterminer un "secteur d'inhibition douloureuse" (secteur bénéficiant d'une attention particulière lors de la rééducation).

L'auteur fait part des modalités spécifiques de rééducation isocinétique en ce qui concerne le mode de contraction (exemple: effort excentrique sous maximal) et la vitesse du mouvement. Sur base de l'expérience clinique et d'une étude statistique rigoureuse, il conclut à l'intérêt majeur de l'isocinétisme (bilan et rééducation) dans la prise en charge des syndromes rebelles à la rééducation conventionnelle.

G. MAHIEU (Libramont) présente les résultats de l'évaluation isocinétique des remises en tension ligamentaires externes (selon Duquennoy) d' instabilité chronique de cheville. Dans le cadre d'évaluations concentriques et excentriques des éverseurs et inverseurs de chevilles, aucune différence significative n'est rapportée à long terme entre les performances des côtés sains et opérés. Les résultats des deux chevilles sont généralement corrélés.

L'apport de l'isocinétisme dans l'évaluation des séquelles de rupture du tendon d'Achille est établi par S. BOULVIN (Montigny-Le-Tilleul). Dans le cadre d'évaluations réalisées un à six ans après rupture du tendon d'Achille, les observations suivantes sont rapportées:

  • Il ne semble pas exister de corrélation entre l'atrophie résiduelle du mollet et la récupération du moment de force maximum du triceps sural traumatisé ;
  • Les patients conservant des plaintes fonctionnelles se caractérisent par la persistance d'un déficit résiduel du moment de force maximum alors que la plupart des sujets épargnés par ces plaintes, présentent un moment de force maximum supérieur du côté traumatisé.

Dans ce contexte, S. BOULVIN envisage l'intérêt de l'isocinétisme en matière d'expertise.

B. FONTAINE (Bruxelles) utilise la dynamométrie isocinétique dans l'évaluation des gonarthroses évoluées (indication de PTG). Ses résultats préliminaires indiquent, par comparaison bilatérale, un déficit important du quadriceps et des ischio-jambiers, mais prédominant sur l'appareil extenseur.

L'auteur effectue une intéressante revue de la littérature dans ce domaine et confirme la difficulté de comparer des travaux aux protocoles et critères de recrutement parfois différents.

C. BERTENS (Bruxelles) présente l'évaluation des abducteurs de hanche après ostéosynthèse de fracture du col du fémur et ce, pour une population âgée. L'analyse des résultats a permis une comparaison entre l'évolution du groupe "DHS" (Dynamic Hip Screw) et d'un groupe "IMHS" (Intramedullary Hip Screw). L'étude compare également les méthodes classiques d'évaluation et de récupération avec la méthode isocinétique. L'auteur regrette le nombre fortement réduit de patients disponibles à un an postopératoire . . . en raison du taux de mortalité élevé (mais non lié à l'isocinétisme !).

Y. ANDRIANNE (Bruxelles) confirme l'intérêt majeur de la technique isocinétique dans le domaine médico-légal de l ' évaluation du dosage corporel . La fiabilité et la reproductibilité des paramètres étudiés ainsi que l'analyse des courbes permettent la quantification d'une insuffisance et contribuent à la détection des simulateurs. Le suivi longitudinal évaluant les progrès en cours de traitement représente un autre élément appréciable en matière d ' expertise.

Ph. VOISIN (Lille) analyse avec rigueur les modalités de l'évaluation isocinétique de l'épaule en ce qui concerne le positionnement du sujet et du membre supérieur, le choix des vitesses. Il étudie l'influence de contextes pathologiques, de pratiques sportives intensives et propose une applicationh rééducative .

C. GREGOIRE (Montigny-Le-Tilleul) envisage l'apport isocinétique dans l'évaluation et la rééducation de la lombalgie chronique. L'évaluation de la force des muscles du tronc n'occasionne pas, dans une série importante ( 120 patients), de recrudescence des douleurs. Comparativement à une population normale, les résultats montrent un déficit des extenseurs s'aggravant à vitesse rapide. L'insuffisance des abdominaux est moindre et les déficits isocinétiques apparaissent corrélés à la raideur rachidienne. Un renforcement isocinétique des muscles dorsaux est entrepris chez 80 patients souffrant de lombalgies depuis 23 mois en moyenne et ayant bénéficié de deux types de traitement préalables. Plus de 70% des sujets sont améliorés subjectivement (questionnaire d'évaluation fonctionnelle) et objectivement (évaluation isocinétique). Il semble donc que le renforcement musculaire trouve sa place dans la prise en charge de la lombalgie chronique.

D. MOUREAUX (Bruxelles) utilise un appareil différent et s'intéresse à l'influence de la position assise ou debout. Il confirme les résultats précédents concernant la lombalgie.

0. DELAHAUX (Montigny-Le-Tilleul) précise l'intérêt de l'exploration isocinétique en expertise pour le rachis. Il rappelle l'intérêt des courbes pour apprécier la collaboration et des paramètres chiffrés reproductibles afin de quantifier une atteinte et d'orienter spécifiquement le traitement.

L'excellence de P. VOISIN (modérateur) dans ce domaine "isocinétisme et rachis" parfois controversé contribue à la sérénité des échanges lors de la discussion qui s ' ensuit .

E. BRASSINE exprime en conclusion la satisfaction du GIBL quant à la qualité des communications et aux réactions suscitées dans l'auditoire. Une première expérience à renouveler . . .



J.L. CROISIER
Président du GIBL
Maître de conférences à l'Université de Liège


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