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Les hippocampes sont un cas
unique dans le règne animal du point de vue de la reproduction.
Ce sont les mâles qui portent les jeunes
jusqu'à l'éclosion. Ils possèdent une poche constituée par un repli de peau sur le
ventre où les embryons sont en gestation.
Les hippocampes se reproduisent au printemps
et en été (de fin avril à fin août) selon la température de l'eau. Si l'on veut
obtenir des alevins facilement en aquarium, il suffit de récupérer un mâle plein. Pour
nous l'objectif était la reproduction en captivité.
La pariade nuptiale est sophistiquée, dure
sur plusieurs jours. Chez les deux espèces, les individus deviennent presque blancs avec
des nuances argentées sur tout le corps. Ils se rapprochent l'un de l'autre et
s'accrochent par la queue en effectuant de nombreux hochements de tête et contorsions
caractéristiques en tournoyant vers la surface.
Le mâle prépare sa poche (marsupium) en la
plissant puis la gonfle... la femelle présente son oviducte à l'ouverture du marsupium
et y dépose la grappe d'ufs. |
| Et la "gestation" commence.
Celle-ci semble durer de 5 à 8 semaines selon la température de l'eau. Il est important
de ne pas changer le mâle d'aquarium pendant cette période, pour ne pas provoquer la
mort des embryons qui sont fragiles durant toute l'incubation. A l'approche de
l'accouchement, le mâle est secoué de violentes contractions qui peuvent débutées 3 à
5 jours avant la date fatidique (nous n'avons jamais pu prévoir la date exacte de
l'accouchement). L'accouchement se passe toujours aux premiers rayons du soleil. Les
jeunes hippocampes sont expulsés en groupes plus ou moins importants, grâce à des
violentes contractions du mâle. Tout ce passe très rapidement, il est difficile de
saisir cette superbe image mais nous y sommes arrivés. Il est saisissant au petit matin,
lorsque vous avez raté l'accouchement de découvrir une nuée de micro hippocampes à la
surface du bac (ça la taille d'une larve de moustique, ça la couleur d'une larve de
moustique, mais ceux sont bien 200 à 250 hippocampes). |
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Notre préoccupation
première est de récupérer ces nouveau-nés qui mesurent moins d'1 cm et de les
transférer avec leur eau dans un bac de croissance d' un volume restreint, afin de
permettre un nourrissage plus contrôlé et facile.
Pas de cannibalisme chez les parents (du
moins lorsqu'ils sont nourris convenablement). Ils ne mangent d'ailleurs pas de petits
poissons, contrairement à ce qui a été souvent dit dans la littérature.
Pendant leur première semaine, les petits
sont très dépendants de leur nourriture : elle doit se trouver en permanence à leur
portée. Nous leur distribuons des rotifères (Brachionus plicatilis) et des nauplies
d'artémia. Attention, pas de petites bulles d'air... Pas non plus de coques vides
d'artémias qui provoqueraient des occlusions intestinales.
Le mieux est de plonger les jeunes dans une
véritable soupe de nourriture, qu'il faut maintenir dense plusieurs semaines. Cette
situation implique une surveillance accrue des conditions physico chimiques de l'eau.
Cette densité de nourriture complique la situation. Nous y pallions par un filtre
extérieur efficace, où est également effectuée l'oxygénation. Et nous effectuons des
changements d'eau de 3 fois 20 % chaque jour. |
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Un
courant d'eau est maintenu pour brasser et homogénéiser l'ensemble, les jeunes n'en
souffrant pas du tout. La température ne doit pas dépasser 16-18 °C pour permettre une
complète digestion des artémias par les alevins. Si la température est plus élevée,
les artémias passent trop vite dans leur tube digestif. En passant des heures à scruter
l'assimilation de la nourriture chez les alevins, nous nous sommes aperçus que les
artémias ressortaient vivantes dans les excréments (l'examen au binoculaire nous l'a
confirmé).
On aura soin de placer une grille de
plastique dans le bac d'élevage car, dès la deuxième semaine de vie, les jeunes
commencent à avoir le réflexe de s'y accrocher. Ceux-ci grandissent vite dans ces
conditions, et mesurent 2 cm au bout de 3 semaines, 3,5 cm à 1 mois 1/2, et entre 5 et 6
cm à 3 mois. La différenciation sexuelle a lieu vers 4 à 5 mois par la l'apparition du
marsupium chez le mâle. Nous suivons bien la croissance des petits, en leur donnant des
artémias de plus en plus grosses au fur et à mesure de leur croissance. L'hippocampe est
un poisson fascinant, et son élevage en bac permet de mieux comprendre sa biologie
complexe et très évoluée. Le fait qu'il se nourrisse exclusivement de crevettes
vivantes et en grande quantité rend sa maintenance difficile. Mais tellement prenant et
passionnant.
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| MàJ:25/01/99 |
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