bilan des activités physiques  et sportives en milieu scolaire

 

M. Jean-Pierre CLAUDE, Mme Monique PASQUALINI

 

 

Il y a plus de 40 ans que les bienfaits de la pratique des activités physiques et sportives par les enfants et adolescents handicapés physiques ont été reconnus. A l’hôpital R. Poincaré de Garches, par exemple, les jeunes participaient à des groupes de « scoutisme d’extension » et aux camps de vacances de San Salvadour où les jeux, réalisés en collectivité ou de manière individuelle, servaient de cadre à des activités physiques et de découvertes de leurs propres possibilités. Dans l’enceinte de l’hôpital des jeux sportifs et des activités de loisirs, fortement encouragés par le corps médical, étaient pratiqués spontanément.

La pratique des APS comme moyen de réadaptation

Dans les centres de rééducation et en milieu médical, lorsque des activités physiques étaient organisées par des professeurs d’Education Physique et Sportive (EPS), le plus souvent enseignants spécialisés, elles relevaient plus de la gymnastique corrective (type suédoise) avec pour objectif une recherche d’un mieux être postural ou de la psychomotricité.

Ce type de pratique ne permettait pas au jeune de vivre des expériences motrices variées, en groupe avec des camarades ni de développer ses ressources dans le cadre d’activités ludiques et sportives, privilégiant simultanément le plaisir, la dimension émotionnelle et l’efficacité des actions.

A l’Éducation nationale, la reconnaissance du droit aux activités physiques pour les jeunes handicapés n’existait pas encore et lorsqu’ils retournaient dans des établis-sements scolaires traditionnels, ils étaient toujours privés de l’enseignement de l’éducation physique car déclarés « dispensés d’EPS » et donc exclus des cours et des examens.

Evolution des mentalités

Des textes institutionnels fondamentaux en faveur des personnes handicapées ont contribué à faire évoluer les mentalités :

• La loi d’orientation de 1975 indique pour la première fois que les enfants et adolescents handicapés doivent être soumis à l’obligation éducative : édu-cation ordinaire, à défaut éducation spéciale, déterminée en fonction des besoins de chacun d’eux. L’état prend en charge les dépenses d’enseignement ainsi que les frais de transport indivi-duels (1).

• La circulaire n°82-048 de 1982 insiste sur la nécessité de la mise en œuvre d’une politique d’intégration en faveur des enfants et adolescents handicapés qui vise « à favoriser l’insertion sociale, l’autonomie, l’accès au monde du travail et la participation sociale. Les handicapés doivent avoir accès aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population… Ce projet intégratif élaboré par l’équipe pédagogique et l’ensemble des parte-naires ne se limite pas à la sphère scolaire mais aussi aux loisirs, à l’éducation physique, à l’animation culturelle, etc » (2).

• La loi d’orientation sur l’éducation de 1989 rappelle que l’école est au service des élèves et des étudiants. L’intégration scolaire et sociale des enfants et des adolescents handicapés est précisée dans le rapport annexe (3).

Une volonté internationale se dessine également pour favoriser les activités physiques et le sport des personnes handicapées :

• La résolution n°5 du Conseil de l’Europe de 1981 sur le sport des personnes handicapées engage les ministres au développement des activités physiques adaptées, à les introduire dans l’éducation et à leur en favoriser l’accessibilité (4).

• La résolution n°7 de 1984 du Conseil de l’Europe prévoit : la transformation des équipements sportifs, le soutien financier et la formation des enseignants (5).

• La Charte Européenne du sport pour tous de 1987 : affirme que  « les enfants handicapés doivent avoir le même droit que les enfants valides de participer à des activités physiques et sportives à l’école. Le sport devrait être pour la personne handicapée un moyen efficace de rétablir le contact avec le monde extérieur (…)  et de faciliter (…) ainsi sa réintégration dans la collectivité en tant que citoyen de plein droit ». La Charte donne des recommandations adressées aussi bien aux gouvernements qu’aux organisations sportives « sur les problèmes du financement des activités, de l’accessibilité, de la représentation des personnes handicapées dans les organisations sportives nationales, sur les mesures pour favoriser l’intégration dans les clubs normaux et en intégration à l’école publique, sur la formation du personnel et l’accession des handicapés à des postes d’enseignants et d’animateurs » (6).

Les textes officiels de l’éducation physique et sportive

Cette détermination à favoriser l’égalité des chances et des droits pour tous les citoyens a contribué à faire évoluer la prise en charge des jeunes handicapés physiques en E.P.S. Désormais l’enseignement s’adres-sera non seulement à tous les élèves, mais il devra être adapté à chaque élève. La loi d’orientation a été un point de départ dont va tenir compte l’éducation nationale, dès 1981, pour l’élaboration des premiers textes officiels concernant les examens nationaux de l’enseignement du second degré en EPS pour les candidats handicapés physiques.

En 1994 et 1995, cette volonté est confirmée, par l’arrêté du 25 octobre 1995 et les   circulaires 94-137 (7) et 95-253 (8) qui reconnaissent le droit des élèves handicapés physiques et inaptes partiels à ne pas être exclus des cours d’EPS et prévoient, pour les examens, un tableau de classification des handicaps, des épreuves aménagées et des barèmes tenant compte de l’importance de leurs déficiences.

La participation des élèves handicapés aux épreuves d’EPS des examens scolaires est très importante. En France, ces épreuves comptent autant  que les autres disciplines (coefficient 2 au Bac et BEP pour l’EPS) pour les résultats des examens. En être écarté pour un sportif handicapé de bon niveau peut lui faire perdre un nombre important de points pour son examen et représente pour lui une injustice (9, 10, 11, 12, 13).

Les candidats valides et handicapés sont évalués par les enseignants de leur établissement en contrôle en cours de formation ou en fin d’année avec des épreuves de substitution pour les handicapés physiques. Dans le cas d’impossibilité majeure d’organiser ces épreuves dans l’établissement, ils ont le droit d’exiger de passer les épreuves ponctuelles, que tous les centres d’examens de toutes les académies ont l’obligation d’organiser.

Des publications destinées aux enseignants leur proposent des exemples d’aménagement des activités avec des barèmes adaptées à la classification des handicaps (13, 14, 15, 16).

L’évolution de l’EPS

Durant les vingt dernières années, on est passé progressivement d’une EPS qui prenait le sportif de haut niveau comme modèle de référence à une EPS centrée sur le jeune, ses besoins et son originalité motrice.

L’EPS propose des activités diversifiées : ludiques, sportives, expressives, d’entre-tien, permettant de développer les capacités motrices de chacun, l’accès à la culture des APS par l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences. L’ensei-gnant tient compte dans ses cours des possibilités de chacun, sans que cette pratique ne nuise à l’intégrité physique ni à la santé de l’élève.

Cette pratique régulière permet à chaque élève de vivre des expériences motrices variées en vue :

• de mobiliser et développer ses ressources motrices et de les exploiter pour améliorer   leur efficacité ;

• d’apprendre à agir en sécurité pour soi et pour les autres en particulier dans les  activités de pleine nature ;

• de s’exprimer avec son corps et d’apprendre des mouvements nouveaux dans des activités artistiques (danse, mime, etc) ;

• de résoudre les problèmes posés par l’opposition à autrui seul ou en groupe ;

• de connaître les moyens d’intervenir sur sa valeur physique en respectant son intégrité et sa santé.

Cette diversité des expériences vécues et des connaissances acquises à travers des pratiques variées, contribue à transformer et à épanouir l’élève, à le préparer à mieux savoir entretenir ses potentialités, à mieux organiser sa vie physique actuelle et future.

Dans les établissements scolaires, un projet pédagogique est établi pour chaque niveau de classe et pour les élèves handicapés, un projet individualisé doit être construit en collaboration avec tous les partenaires de la communauté scolaire (dont les médecins).

La nécessité d’être en accord avec l’esprit des textes, le désir d’intégrer des jeunes exclus et d’être en cohérence avec l’évolution de l’EPS ont conduit un certain nombre d’enseignants à faire progresser l’intégration des élèves handicapés et inaptes partiels en EPS dans les établissements spécialisés ou traditionnels. L’idée commence à s’imposer dans les équipes que ne pas intégrer en EPS un élève handicapé physique ou un élève inapte partiel ayant des problèmes de santé (par exemple : asthme, scoliose, syndrome rotulien, diabète, etc) (13, 15, 17, 18, 20) revient à lui refuser le droit au développement et à l’éducation.

Il est à regretter que certains médecins conservent une image de l’EPS qui n’est plus représentative de celle d’aujourd’hui et continue à délivrer des certificats médicaux de dispense d’EPS pour leurs patients handicapés physiques ou ayant de légers problèmes de santé alors que d’autre part, ils souhaiteraient qu’ils pratiquent des activités physiques.

 

Exemple d’intégration en EPS au lycée Toulouse Lautrec

L’EPS tient une place importante dans le projet de notre établissement et tous les élèves handicapés pratiquent les activités physiques avec ou en même temps que les élèves valides.

Tous nos jeunes ont de nombreux besoins communs : besoin de mouvements, d’actions en groupe ou individuelles, de vivre ensemble les mêmes expériences motrices et d’éprouver les mêmes émotions, de prendre un égal plaisir à découvrir de nouveaux pouvoirs et à les mettre en œuvre avec succès. Ces expériences motrices sont indispensables à leur développement. Elles donnent accès à la connaissance de soi et permettent de construire des relations diversifiées avec le monde physique (terrestre, aquatique, aérien), de multiplier les relations de coopération et de confrontation avec autrui (13).

L’EPS offre un champ d’action où ils pourront développer toutes leurs potentialités et de nouveaux « savoir-faire », construire de nouveaux repères, élaborer de nouveaux gestes et de nouvelles conduites motrices.

Leur besoin commun d’agir et de se dépasser doit être sollicité en respectant les différences de chacun. Les effets handicapants des déficiences se traduisent par des possibilités différentes. Les troubles moteurs (incapacités fonctionnelles), cognitifs (difficulté de mémorisation), sensoriels (prise d’information perturbée), psychologiques (inhibition), justifient des aménagements, en particulier dans les procédures d’apprentissage et d’évaluation (classification, barèmes différenciés pour apprécier le niveau de performance).

Il doit être tenu compte de la diversité des vécus moteurs. Certains élèves découvrent l’EPS pour la première fois, d’autres sont des experts de haut niveau. Chacun doit développer ses potentialités et ses capacités selon son niveau de pratique (différentiation des difficultés des situations proposées). Chaque élève doit pouvoir exprimer sa motricité selon le modèle d’expression de celle-ci qui lui offre le plus d’autonomie, de sécurité pour lui et pour les autres et de profit éducatif et thérapeutique (bipédie, rampé, fauteuil à propulsion électrique, manuelle, podale et dans le milieu aquatique).

L’expérience et la pratique ont fait admettre que même les plus handicapés ont des ressources et des capacités qui sont prêtes à se manifester si on les exerce et si on propose les aménagements qui le permettent.

La pratique s’est beaucoup diversifiée : 

• elle s’est attachée à s’adapter à chaque type de pathologie et de handicap que ceux-ci génèrent (au départ l’EPS s’était limitée au moins handicapés) ;

• les progrès et les aides techniques (fauteuil électrique, prothèse, etc...), les progrès médicaux et une meilleure connaissance du handicap ont permis l’accès au plus grand nombre par un plus grand développement d’autonomie d’action.

L’intérêt porté par la communauté éducative et sportive a développé les imaginations pour trouver et expérimenter des aménagements permettant la pratique, dans les principales familles d’activités sportives, du plus grand nombre quelque soit l’importance des déficiences (14), ainsi le foot fauteuil électrique permet la pratique d’un sport très populaire par des personnes aux déficiences très lourdes.

Les nouveaux pouvoirs acquis et réinvestis dans la vie quotidienne trouvent un impact utilitaire important et concourent également à l’équilibre personnel ainsi qu’à la santé par une meilleure gestion de la vie physique. Pour certains les effets handicapant de leur déficience s’en trouvent estompés.

Un exemple d’adaptation : l’activité de visée tir à la cible

Pour élaborer son enseignement, l’enseignant doit tenir compte des effets handicapants des déficiences qui se traduisent par des possibilités motrices différentes. Tous nos élèves ne peuvent utiliser les supports sportifs traditionnels que sont le tir à la carabine, au pistolet ou à l’arc malgré les aménagements que  constituent les potences et le droit aux appuis divers.

Pour l’épreuve du baccalauréat, par exemple, les élèves utilisent l’engin de tir le plus adapté à leur possibilité : pistolet, carabine, arc. Dans tous les cas ils doivent tirer 20 projectiles avec le plus de précision et de régularité possible dans des cibles circulaires aux plages concentriques cotées de 10 pts à 1 pt du centre vers la périphérie. La valeur des impacts est relevés sur une fiche, chronologiquement   après chaque lâcher (libération du projectile) pour l’évaluation des élèves.   

Pour les plus handicapés, nous adaptons des modalités de lâcher de projectiles plus accessibles à leurs possibilités mais conservant le même sens à l’activité. Les élèves construisent des compétences de même nature en utilisant des moyens différents pour lancer comme la sarbacane ou la fléchette pendulaire. Les mêmes capacités à utiliser les principes de la visée, à déclencher les lâchers au bon moment sans perturbations motrices en utilisant des repères visuels, à analyser les effets de son action pour remédier à un écart par un tir plus centré, sont mises en œuvre pour exécuter des tirs précis et réguliers (que l’on tire à l’arc, à la sarbacane ou selon une autre forme de tir).

Des personnes, même, sévèrement handicapés des quatre membres, peuvent utiliser d’autres parties de leur corps pour agir sans que les effets de la déficience ne nuise à la mise en œuvre de la pratique. Par exemple, pour un élève IMC athétosique, on utilisera la fléchette pendulaire plutôt que les autres types d’engin de tir. Dans ce cas, la fléchette pendulaire est libérée et lâchée par un geste simple d’ouverture de la bouche lui permettant de libérer la languette à laquelle est attaché le fil du pendule. Il peut ainsi libérer et lâcher le projectile vers la cible située au sol, lorsqu’il aura choisit le moment propice.

Cet exemple montre qu’il est possible, dans une activité aussi exigeante et précise que le tir à la cible, de rendre acteur un élève sévèrement handicapé sur le plan moteur par des troubles de la commande neuro-musculaire. Les adaptations estompent les effets handicapants de la déficience et permettent de faire agir le jeune en toute sécurité pour lui et pour les autres avec des objectifs éducatifs en rapport avec notre projet.

Ainsi, selon la nature et l’importance de la pathologie, des recommandations médi-cales, de l’exigence de l’APS, de notre imagination et de la richesse matérielle disponible : il est possible d’adapter, d’aménager les situations de pratique tout en conservant à celles-ci les bénéfices éducatifs recherchés.

 

Le rôle de l’équipe médicale

Pour chaque jeune désirant pratiquer un sport ou une activité physique, l’équipe médicale est en constante relation avec l’équipe des enseignants. Elle définit ce que peut ou ne peut pas faire le jeune sans risquer de mettre sa santé ou son intégrité physique en danger. A partir de ces précieuses informations, l’enseignant aménage et adapte l’activité pour la rendre accessible à  chaque jeune. Ainsi chacun pourra pratiquer selon son niveau, ses possibilités et ses intérêts. Certains pourront pratiquer en compétition et d’autres en loisir, mais dans tous les cas les jeunes sont acteurs et retirent de cette pratique des bienfaits éducatifs qui contribuent à leur épanouissement (13,19).

L’Education nationale propose, avec l’Arrêté du 13 septembre 1989 (21), un modèle de certificat médical qui doit être utilisé par les médecins afin d’aider les enseignants à mieux connaître leur patient scolarisé. La notion de dispense est remplacée par celle d’inaptitude partielle. Ce ne sont pas les activités qui sont interdites ou proposées mais la façon dont l’élève met en jeu ses potentialités. Le médecin mentionnera, par exemple, l’inaptitude :

• à des types de mouvement (amplitude, vitesse, charge, posture…)

• à des types d’effort (musculaire, cardio-vasculaire, respiratoire, …)

• à la capacité à l’effort (intensité, durée, …)

• à des situations d’exercice et d’environ-nement (travail en hauteur, milieu aquatique, conditions atmosphériques,) etc.

Afin de préserver le secret médical, le médecin de famille ou le spécialiste, pourra entrer en relation avec le médecin de l’Education nationale qui informera l’enseignant des risques encourus. C’est le corps médical qui donnera les limites, les autorisations, les précautions à prendre, les gestes à faire en cas d’incident. Lorsque cela est accepté de tous, on s’aperçoit qu’il reste bien peu d’interdits et qu’il y a toujours une possibilité de faire pratiquer l’élève selon une forme ou une autre en tenant compte des contre-indications.

Ainsi l’inaptitude totale devient plus rare, voire exceptionnelle et le certificat médical du médecin, rédigé en terme d’incapacité ou de capacité fonctionnelle, constitue pour l’enseignant le document indispensable pour choisir ensuite les moyens pédagogiques appropriés et pour établir un projet individualisé d’enseignement. La classification (7) des élèves en fonction de leurs capacités et les barèmes adaptés leur permettront ensuite de proposer des niveaux de difficulté compatibles avec leurs possibilités motrices et perceptives.

 

Formation

Désormais des enseignants d’EPS sont nommés au même titre que les enseignants des autres disciplines dans les établissements spécialisés quand le chef d’établissement en fait la demande. Ils sont tous appelés à recevoir dans les établissements scolaires traditionnels des élèves inaptes partiels ou handicapés qu’ils doivent prendre en charge.

La formation initiale des étudiants, en particulier dans les Instituts de Formation des Maîtres (IUFM) les informe sur l’intégration des jeunes handicapés et inaptes partiels. Des informations médicales, les caractéristiques des différentes pathologies ainsi que les incidences de celles-ci dans les différentes formes de pratique leur sont données.

Certaines académies très dynamiques assurent également une formation continue en organisant des stages MAFPEN et un enseignement dans les IUFM. Des universités d’été ont été également organisées, enfin de nombreuses publications permettent de s’informer (9, 11, 12, 13, 15, 16, 20).

Les connaissances anatomiques, pédagogiques, physiologiques et psychologiques qu’apportent ces formations à l’enseignant lui permettent, dans un premier temps, de s’adapter aux différences de chacun et à proposer une évaluation, plus juste et plus précise, en cours et aux examens.

Le sport scolaire - Handijeunes

Ces dernières années, cette évolution générale s’est traduite par un développement des pratiques, des associations et l’augmentation du nombre de participants dans les compétitions ainsi que de l’amélioration des performances (13, 22).

La Commission Handjeunes de la Fédération Française Handisport développe dans toutes les régions la pratique sportive des jeunes. Des calendriers sont mis en place, certaines régions sont particulièrement actives : le Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, l’Ile-de-France où en 1998-99 plus de 300 jeunes handicapés physiques ont participé à des rencontres sur chaque mercredis.

Des tournois inter-établissements ont lieu toute l’année scolaire : en basket en fauteuil, foot-fauteuil électrique, football à 5, tennis de table ainsi que des journées d’athlétisme, de natation, de tir à l’arc, de tir à la cible, d’haltérophilie (développé-couché), de tennis de table, de tennis en fauteuil, de sarbacane, de slalom et des activités pré-sportives pour les plus jeunes. Des activités de voile, d’escrime, de danse en fauteuil et de yoga, d’équitation, de tir à l’arc pour mal voyants, etc. sont aussi organisées. Notons que le foot-fauteuil électrique connaît un développement très important, avec 72 équipes recensées et 37 équipes engagées cette année en championnat de France.

De grandes manifestations nationales (Jeux de l’Avenir, Grand Prix des Jeunes) rassemblant un grand nombre de sportifs très motivés de 10 à 20 ans venus de toute la France leur permettent de vivre des expériences enrichissantes et importantes pour leur épanouissement.

De nombreux personnels la plupart bénévoles : enseignants d’EPS, éducateurs, personnels paramédicaux, animateurs encadrent, entraînent, accompagnent ces jeunes, dans les stades, piscines, gymnases, les mercredis après-midi ou pendant les week-ends pour les compétitions traditionnelles du circuit fédéral allant jusqu’aux Championnats de France. Des médecins assurent la classification, soignent, conseillent. Tous ces passionnés mettent en commun leur compétence et leur énergie au service de ces jeunes pour développer la diversité des pratiques et améliorer leur niveau.

Une convention signée entre l’UNSS et la Fédération Française Handisport (FFH) a permis de régulariser les actions menées dans les départements et régions en faveur des élèves handicapés.

Pour l’UNSS quelle que soit l’activité choisie, celle-ci concerne des équipes mixtes constituées d’élèves de collèges et lycées avec des structures issues de l’éducation nationale (EREA, IMP, IMPRO, CLIS) ou celles de centres de rééducation soit à l’UNSS, soit à la FFSA, soit à la FFH. Ces équipes ainsi formées peuvent faire l’objet de tournois spécifiques « Sport Intégré » ou se présenter dans des rencontres inscrites au calendrier de l’UNSS selon leur niveau de pratique

Un certain nombre de jeunes participent aussi à des compétitions intégrées de l’UNSS (cross, football, tennis de table,  escalade, etc) et quelques uns sont invités tous les deux ans aux Jeux de l’Avenir de L’UNSS.

Ce sont   même, quelquefois, les handicapés qui invitent les valides dans leurs structures (par exemple : le centre académique d’escalade de Paris est situé à l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris ; le lycée Toulouse Lautrec organise les championnats départementaux d’escalade et invite des valides à des rencontres en natation et en athlétisme. Reste le problème des jeunes handicapés intégrés dans les établissements scolaires traditionnels. Il est indispensable de pouvoir les regrouper, si l’on veut qu’ils puissent pratiquer certaines activités tels que les Sports d’Equipe (basket en fauteuil, foot-fauteuil électrique, etc.) ou ceux nécessitant des moyens adaptés. Des expériences sont déjà réalisées (ex : à l’Institut National des Jeunes Aveugles de Paris).

Il n’est pas facile de retrouver ces jeunes qui sont intégrés dans les établissements traditionnels, pour qu’ils aient, eux aussi, la possibilité de se rencontrer lors de matchs, de tournois et dans des grandes rencontres tels les Jeux de l’Avenir Nationaux Handijeunes. Une réelle volonté existe, par exemple, le lycée Toulouse Lautrec se propose d’accueillir, le mercredi après-midi, les jeunes handicapés qui ne peuvent pratiquer des activités physiques dans leur établissement, cependant il est encore très difficile de les trouver. Des regroupements, la création d’équipes de bassin, l’information, un meilleur accueil des jeunes dans les associations pourrait développer encore davantage le sport chez les jeunes handicapés scolarisés.

Conclusion

On est passé progressivement de la représentation d’un élève atteint de déficiences physiques « déclaré inapte », donc dispensé des activités physiques à l’école, à celle d’un élève handicapé physique ou inapte partiel, capable de pratiquer des activités aménagées, pouvant faire des progrès et améliorer son autonomie quelles que soient ses possibilités motrices.

Aujourd’hui tous les acteurs qui agissent autour de l’enfant et du jeune handicapé physique recherchent à travers les activités physiques, une pratique en toute sécurité allant dans le sens du projet thérapeutique, de leur développement psychologique et moteur et de leur épanouissement. A ce titre la pratique de l’EPS contribue au développement de leurs capacités et à un meilleur équilibre personnel, leur fait découvrir la dimension culturelle de la pratique sportive tout en les sensibilisant à la gestion de leur vie physique, à leur sécurité et à leur santé.

Cet élan impulsé à l’école, en cours d’EPS, se poursuit pour quelques uns dans la vie associative à travers des pratiques sportives de compétition ou dans le cadre de pratique de loisir, il contribue également à une meilleure intégration à la vie profes-sionnelle et de tous les jours. 

 

 

UNSS : Union Nationale du Sport Scolaire

EREA : Etablissement Régional d’Enseignement Adapté

IMP : Institut Médico Pédagogique

FFSA : Fédération Française de Sport Adapté

IMPRO : Institut Médico Professionnel

CLIS : Classe d’Intégration Scolaire

 

Professeurs d’éducation

Lycée Toulouse Lautrec

131, avenue de la Celle St Cloud

92380 VAUCRESSON

 

BIBLIOGRAPHIE

 

1 • Loi n°75-534 du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées (1975) Journal Officiel 30 juin p.6596-6603

2 • Circulaire n° 82/2 et N°82-048 du 29 janvier 1982 - Mise en oeuvre d’une politique d’intégration en faveur  des enfants et adolescents handicapés. Bulletin Officiel de l’Education Nationale*, n°5 p.451-456      

3 • Loi d’orientation sur l’éducation n°89-486 du 10 juillet 1989 - L’école au service des élèves et des étudiants. Rapport annexé - L’intégration scolaire et sociale des enfants et des adolescents handicapés Ministère de l’Education nationale - 1989 Bulletin Officiel de l’Education Nationale Spécial n°4 du 31/8/1989 p.2-30

4 • Résolution N°5 sur le sport des personnes handicapées (1981) Conseil de l’Europe - Conférence des Ministres Européens responsables du sport

5 • Résolution N°7 (1984)sur le sport des personnes handicapées et autres groupes de santé déficiente. Conseil de l’Europe - Conférence de Ministres Européens responsables du sport

6 • Charte Européenne du sport pour tous: les personnes handicapées - Recommandation N°R (86) 18 Conseil de l’Europe (1987) Conseil de l’Europe - Service de Presse  -  B.P. 431 R6 Strasbourg

7 • Circulaire 94-137 Education Physique et Sportive - Organisation et évaluation des épreuves aux baccalauréats, BT, BEP et CAP pour les candidats handicapés et les inaptes partiels (1994) Bulletin Officiel de l’Education Nationale n°15 - 14 avril 1995, p.1100-1138

8 • Arrêté du 25/11/95 et  Circulaire 95-253   : Modalités d’organisation du contrôle en cours de formation et de l’examen terminal pour l’EPS au lycée (1995) Bulletin Officiel de l’Education Nationale - n°46 - 14 décembre, p.3545-3555   

9 • PASQUALINI M. Les épreuves d’EPS aménagées pour les examens pour les handicapés physiques et les inaptes partiels in Handicapés physiques et inaptes partiels en EPS - dossier n°23 ed. Revue EPS - 1995, n° 23, 58-66

10 • LARNICOL Y. ET ROUDET H. « Dispensé d’EPS? non, participant privilégié du cours. Revue education physique et sport - 1991, n°231, 24-26

11 • PASQUALINI M., CLAUDE J.P. ET DIZIEN H. Participation aux épreuves d’éducation physique et sportive

aménagées pour les candidats handicapés moteurs et les déficients visuels aux examens de l’enseignement du 2nd degré Education physique et sport - 21ème Colloque médical de la FFH - 1993, 7-16

12 • GAREL J.P. L’intégration en EPS dans le second degré - Le Courrier de Suresnes, 1996, n°  68 , 56-65

13 • Réalisation PASQUALINI M. et ROBERT B. - Actes de l’Université d’été - LILLE 1994 - Handicapés physiques et inaptes partiels en EPS - dossier n°23 Ed. Revue education physique et sport - 1995, n° 23, pp. 1-285 11, avenue du Tremblay (Bois de Vincennes) 75012  Paris

14 • CLAUDE J.P. Contribution à une meilleure intégration en EPS  - in dossier n°23 Ed. Revue education physique et sport - 1995, n° 23, pp. 1-285

15 • Groupe académique de Versailles EPS et Handicap “Inaptes partiels en Education physique et sportive” CRDP Buc -Versailles Novembre 1998

16 • GAREL J.P.  EPS et handicap moteur Nathan - Les repères pédagogiques 1996 269p

17 • TOURNEBIZE A. Jeux de raquettes et élèves déficients moteurs Revue Education Physique et Sport 1995 n°251 64-66

18 • GUYARD-BOUTEILLIER F., DANEY-BONARDOT A.-M. et BLANOT M. Elèves asthmatiques et EPS. Revue Education physique et sport - 1996, n°261, 3437

19 • PIERA J.B. ET PAILLER D.  Handicapés physiques et sport in kinésithérapie -rééducation fonctionnelle Encyclopédie médico-chirugicale (Elsevier, PARIS) - 1996, 26-155-a-10, 16p.

20 • DEVOIZE A. De l’Inaptitude totale à l’aptitude partielle. Revue Education Physique et Sport 1997 n°264 72-74

21 • Arrêté du 13 septembre 1989 relatif au contrôle médical des inaptitudes à la pratique de l’éducation physique et sportive dans les établissements d’enseignement. Ministère de l’Education Nationale - Journal Officiel  du 21 septembre 1989

22 • GENOLINI J.-P. et ROBERT B. Insertion des handicapés dans les clubs et les A.S. Revue Education physique et sport, 1997, n° 264, 51-53

* Les Bulletins Officiels de l’Education Nationale sont accessibles au CDI de chaque établissement scolaire

 


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